Extinction des enseignes la nuit : horaires et exceptions
La loi impose extinction des enseignes entre 1 h et 6 h, vitrines 1 h–7 h avec marge d'une heure selon horaires d'ouverture. Vérifier le RLP. Contrôle : maire/E

La loi impose l’extinction des enseignes lumineuses la nuit : en règle générale les enseignes sont éteintes entre 1 h et 6 h lorsque l’activité signalée a cessé, et les vitrines sont soumises à l’arrêté du 27/12/2018 qui fixe une extinction à 1 h au plus tard et un rallumage à 7 h au plus tôt, avec des ajustements possibles autour des horaires d’ouverture. Pour votre situation, vérifiez le règlement local de publicité (RLP) de la commune et les arrêtés municipaux applicables.
Résumé : que dit la loi sur l’extinction des enseignes la nuit ?
Le Code de l’environnement distingue enseigne, préenseigne et publicité et encadre leurs conditions d’implantation et d’utilisation (C. env. L581-3). Pour les enseignes lumineuses, l’article national applicable prévoit une extinction entre 1 h et 6 h lorsque l’activité signalée a cessé. Cette extinction est conditionnée à la cessation effective de l’activité.
Pour les vitrines et l’éclairage des locaux professionnels, l’arrêté ministériel du 27 décembre 2018 impose une extinction au plus tard à 1 h et un rallumage au plus tôt à 7 h, sauf disposition contraire liée aux horaires d’activité du commerce (art.2-III). En cas d’ouverture ou de fermeture située entre minuit et 7 h, la règle nationale prévoit des marges d’une heure autour de l’activité (allumage au plus tôt 1 h avant l’ouverture, extinction au plus tard 1 h après la fermeture).
Le maire exerce la police de la publicité sur la commune et peut transférer cette compétence au président d’un EPCI ; des dispositions spécifiques s’appliquent aux abords de monuments historiques et aux sites protégés. Le règlement local de publicité peut aménager ou durcir ces règles : il est donc essentiel de vérifier le RLP de la commune concernée.
Quelles autorités contrôlent et prennent les décisions ?
La compétence de police de la publicité est, en première instance, du ressort du maire, avec possibilité de transfert au président d’un EPCI, selon le Code de l’environnement (L581-3-1). Le maire peut prescrire des mesures d’enlèvement ou de mise en conformité et prendre les arrêtés municipaux nécessaires pour l’application locale des règles nationales.
Pour les sites classés, les parcs nationaux et les secteurs protégés, l’autorité préfectorale ou des services spécialisés peut être impliquée. Les Architectes des Bâtiments de France (ABF) interviennent sur les abords de monuments historiques : toute modification d’enseigne dans ces zones nécessite leur avis et, le cas échéant, leur accord préalable.
Sur le plan pratique, la voie de contact recommandée est le service urbanisme de la mairie pour obtenir le RLP applicable et vérifier les arrêtés locaux. Le Géoportail de l’urbanisme permet de savoir si la commune dispose d’un RLP et d’accéder aux documents d’urbanisme publiés.
Horaires nationaux : enseignes vs vitrines
Les règles nationales distinguent expressément les enseignes lumineuses et l’éclairage des vitrines ou locaux professionnels. Pour les enseignes lumineuses, l’article applicable précise une extinction entre 1 h et 6 h lorsque l’activité signalée a cessé. Cette règle est conditionnée à l’arrêt effectif de l’activité ; si l’activité se poursuit tard dans la nuit, l’extinction peut être adaptée selon les marges prévues entre minuit et 7 h.
Pour les vitrines et façades éclairées, l’arrêté du 27 décembre 2018 encadre l’extinction et le rallumage : extinction à 1 h au plus tard, ou 1 h après la cessation d’activité si celle-ci est plus tardive ; rallumage à 7 h au plus tôt, ou 1 h avant la reprise d’activité si celle-ci est antérieure. La différence de traitement vise à distinguer la signalétique (enseigne) et la présentation commerciale (vitrine).
Il ne faut pas confondre les deux régimes. Un commerce ouvert tardivement doit vérifier quelle règle s’applique à chaque dispositif : l’enseigne lumineuse qui signale l’activité et l’éclairage de vitrine qui met en valeur les produits peuvent être soumis à des obligations différentes. Les pharmacies et services d’urgence bénéficient d’exceptions prévues explicitement par la réglementation.
Exceptions et cas particuliers
Certaines activités ou dispositifs échappent aux horaires généraux. Les pharmacies et les services d’urgence peuvent faire l’objet d’aménagements, notamment en ce qui concerne le clignotement qui est interdit en général mais autorisé pour ces catégories expressément prévues.
Des arrêtés municipaux peuvent instituer des dérogations temporaires ou adapter les horaires en fonction d’événements exceptionnels. Pour connaître ces adaptations, il faut consulter les arrêtés municipaux publiés ou contacter la mairie.
Les sites protégés et les abords de monuments historiques impliquent l’avis ou l’autorisation des ABF. Les dispositifs utilisant un faisceau laser font l’objet d’un régime particulier et peuvent nécessiter une autorisation spécifique. Pour les écrans numériques en vitrine, la réglementation nationale est moins tranchée et la situation réglementaire présente des incertitudes : il convient de vérifier le RLP et les arrêtés locaux applicables.
Sanctions et procédures en cas d’infraction
La procédure administrative commence généralement par une mise en demeure ou un arrêté municipal ordonnant la suppression ou la mise en conformité du dispositif. Le maire peut ordonner suppression ou mise en conformité dans un délai très court (J ≤ 5 selon le texte cité).
Lorsque l’obligation formelle n’est pas respectée, le Code de l’environnement prévoit plusieurs types de sanctions. L’astreinte fondée sur L581-30 est prévue et mentionnée sous une base juridique avec un montant de référence figurant dans les textes consultés ; la valeur de base légale citée est de 200 € par jour, le montant courant indexé n’ayant pas été relevé ici.
Des sanctions pécuniaires existent : amende administrative selon L581-26 fixée à 1 500 € pour un dispositif sans déclaration préalable ou non conforme ; amende pénale selon L581-34 mentionnée à 7 500 € pour une personne physique et 37 500 € pour une personne morale. Le non-respect de l’obligation d’extinction figure également comme contravention de 5ᵉ classe dans le décret cité.
En cas de réception d’un arrêté de mise en conformité ou d’une injonction de retrait, les voies ouvertes comprennent la mise en conformité immédiate, le recours gracieux auprès de la mairie ou les voies contentieuses adaptées à la situation ; pour des conseils procéduraux précis et visant un recours, il est recommandé de consulter un professionnel du droit.
Autorisation et formulaires (pratique)
L’installation d’une enseigne nécessite une autorisation préalable uniquement dans trois cas : lieux protégés, commune dotée d’un RLP, et enseigne à faisceau laser. Dans les autres cas, la déclaration ou la régularisation dépendra du dispositif et du RLP local.
Depuis le 01/07/2026, les demandes d’autorisation d’enseigne utilisent le Cerfa n°16308*01 pour les enseignes. Les formulaires Cerfa n°16309 et 16310 couvrent respectivement l’autorisation publicité/préenseigne et la déclaration publicité/préenseigne. Le Cerfa n°14798 n’est plus recevable.
Le délai d’instruction d’une demande d’autorisation est de 2 mois ; le silence de l’administration à l’issue de ce délai vaut accord, selon la fiche administrative citée. Les pièces habituellement demandées incluent implantation, photomontage et description technique du dispositif.
Avant de déposer, vérifier le RLP de la commune via les services municipaux ou le Géoportail de l’urbanisme permet d’anticiper les prescriptions locales. Les modèles Cerfa et les notices sont accessibles sur les sites administratifs référencés.
Taxe (TPE) et obligations déclaratives
La taxe sur la publicité extérieure, rebaptisée TPE au 01/01/2025, reste facultative et dépend d’une délibération communale ou intercommunale. La délibération doit intervenir avant le 1er juillet de l’année pour une application l’année suivante.
La déclaration du support doit être faite dans les deux mois suivant la création ou la suppression du dispositif. Le paiement est organisé à partir du 1er septembre de l’année concernée, conformément aux fiches administratives citées.
La législation prévoit des règles de plafonnement : une superficie d’enseigne inférieure ou égale à 7 m² est, en l’absence de délibération contraire, susceptible d’un tarif nul ; des seuils intermédiaires et des possibilités de tarification réduite existent pour d’autres tranches de surface. Les valeurs nationales de référence pour 2026 figurent dans la fiche administrative correspondante et servent de plafond ; la commune peut toutefois délibérer différemment.
Les valeurs nationales de référence 2026 et les modalités pratiques de déclaration sont décrites dans la documentation officielle dédiée.
Conseils pratiques : checklist avant de commander une enseigne
Vérifier le RLP de la commune et les arrêtés municipaux applicables.
S’assurer des contraintes liées aux abords de monuments historiques et, le cas échéant, solliciter l’avis de l’ABF.
Choisir la technologie en connaissance des distinctions techniques (néon verre vs LED) et des contraintes normatives spécifiques à chaque technologie.
Préparer un photomontage et les plans d’implantation à joindre au Cerfa lorsque l’autorisation est requise.
Si nécessaire, déposer le Cerfa n°16308*01 pour une demande d’autorisation d’enseigne et tenir compte du délai d’instruction de 2 mois, silence = accord.
Anticiper une éventuelle TPE votée localement et respecter les délais de déclaration et de paiement prévus.
Planifier un dispositif d’extinction programmable conforme aux horaires applicables et adaptable aux spécificités locales.
Art Piramida est un média d'information : il ne fabrique ni n'installe d'enseignes et ne dépose aucune demande en mairie. Les règles locales priment : vérifiez-les auprès de votre commune.
Julien Dufour
Julien Dufour s’intéresse à l’équipement et à la visibilité des commerces et des PME : enseignes, signalétique, aménagement et solutions de stockage. Il compare les offres, relève les prix publiés et signale ce qui reste à vérifier avant de signer.



