Gérer son commerce

Rideau baissé, client en ligne : le site d’un commerce réunionnais, du devis à la fiche Google

Commerçant à La Réunion ? Prix publiés d'une création de site internet dès 967 € TTC, frais de 2e année, fiche Google et enseigne : ce qu'il faut vérifier.

Julien Dufour
Julien Dufour Publié le 2 octobre 2026
Rideau baissé, client en ligne : le site d'un commerce réunionnais, du devis à la fiche Google
Photo AntiM_photography / Pixabay

Il est 20 h. Le rideau de fer est baissé et l’enseigne éteinte. Sur le trottoir d’en face, quelqu’un cherche un serrurier ou une boulangerie ouverte le dimanche matin. Il ne regarde pas votre devanture, il regarde son téléphone. À La Réunion, une création de site internet coûte au départ 967 € TTC pour un site vitrine chez Réunion Webdesign, une agence installée à Saint-Louis depuis 2005. Je vous explique ce que ce prix comprend, ce qui tombe la deuxième année et comment faire travailler ensemble le site, la vitrine et la fiche Google.

Votre vitrine ferme à 19 h, votre site reste ouvert la nuit

Une enseigne travaille tant qu’il y a des passants. Le site prend le relais quand il n’y en a plus. Le client y cherche trois choses : vos horaires, votre adresse et une raison de venir chez vous plutôt qu’à côté. S’il ne les trouve pas en dix secondes, il passe à la ligne suivante. Il fait sur son écran exactement ce qu’il fait dans la rue. Il ne lit pas, il scanne.

Beaucoup de vos voisins n’ont toujours pas de site. Selon le Baromètre France Num 2025, mené pour la Direction générale des Entreprises par le Crédoc auprès de 11 021 entreprises, 65 % des TPE et PME ont un site qui présente leur activité. Chez les PME seules, on monte à 81 %. Plus d’une petite entreprise sur trois n’existe donc en ligne que par un annuaire ou une page de réseau social.

Franchement, je ne miserais pas tout sur une page Facebook. Vous ne la possédez pas, Google la classe mal et le visiteur doit faire défiler trois mois de publications pour trouver vos horaires. Un site de cinq pages bien tenu répond plus vite. Et c’est votre adresse à vous.

Commerçant consultant le site internet de sa boutique sur un ordinateur portable posé sur le comptoir

Combien coûte une création de site internet à La Réunion pour un commerce

Commençons par les prix publiés, puisque c’est rare. Réunion Webdesign affiche sur sa page d’accueil, consultée le 2 octobre 2026, un site vitrine à partir de 967 € TTC et un site e-commerce à partir de 1 967 € TTC. L’agence parle d’un prix unique qui couvre la conception de A à Z. Le nom de domaine, l’hébergement et la maintenance sont offerts la première année, et le client est propriétaire de son site à 100 %.

Ce que comprend le prix d’un site, d’après une offre publiée à La Réunion

Site vitrine

dès 967 € TTC

Site e-commerce

dès 1 967 € TTC

Inclus dans le prix unique : la conception de A à Z.

Offert la 1ʳᵉ année : le nom de domaine, l’hébergement et la maintenance.

Propriété : le client est propriétaire de son site à 100 %.

Repères de l’agence : à Saint-Louis depuis 2005, plus de 300 projets livrés, note de 5/5 sur 36 avis Google. Source : page d’accueil de Réunion Webdesign, consultée le 02/10/2026.

Méfiez-vous du mot « à partir de ». Il fixe un plancher, pas un prix. Ce qui fait monter la note, c’est le nombre de pages, les textes à rédiger, les photos à produire et les fonctions en plus, comme la prise de rendez-vous. Un devis qui écrit seulement « forfait site internet », je ne le signe pas. Il doit nommer chaque page et dire qui écrit les textes.

Avoir un prix affiché vous sert surtout à comparer. Quand une autre agence vous annonce le double, vous savez quelle question poser : qu’est-ce qui justifie l’écart ? Quand une offre en ligne coûte trois fois moins, demandez plutôt ce qui manque. En général, c’est la deuxième année. Pour les délais, l’agence promet un devis en 24 h et propose un appel conseil de 20 minutes, gratuit et sans engagement.

Site vitrine ou e-commerce, la question à trancher avant le devis

Entre les deux formules, il y a 1 000 €. La question est simple : est-ce que le client paie sur le site ou au comptoir ? Un coiffeur, un garage ou un restaurant n’ont pas besoin d’un panier d’achat. Il leur faut des photos de la salle, des horaires exacts, un plan d’accès et un bouton pour appeler. C’est un site vitrine.

La boutique en ligne devient utile quand vous expédiez des produits ou que vous préparez des commandes à retirer. L’erreur classique est de la prendre « pour plus tard ». Un catalogue de 200 références à moitié rempli fait plus de dégâts qu’une vitrine propre : le client voit un produit, il le commande, et il n’est plus en stock.

Ce n’est pas qu’une affaire de budget. Un site qui vend à des particuliers doit afficher ses conditions générales de vente : prix, livraison, moyens de paiement, droit de rétractation et garanties légales. Service-Public Entreprendre fixe l’amende jusqu’à 15 000 € quand elles manquent. Comptez le temps qu’il faut pour les rédiger, ou faites-les mettre au devis.

La deuxième année, qui paie le domaine, l’hébergement et la maintenance ?

La première année est offerte, très bien. Mais un site ne s’arrête pas au bout de douze mois. Le nom de domaine se renouvelle, l’hébergement se loue et les mises à jour de sécurité continuent. Demandez le tarif de la deuxième année par écrit, ligne par ligne, avant de signer. Pas au moment de la facture.

Sur sa page, l’agence le résume ainsi : « Le site est un bien. Sa visibilité est un travail continu. » La première phrase compte autant que la seconde. Être propriétaire à 100 %, ça veut dire que le nom de domaine est enregistré à votre nom, et pas à celui du prestataire. Ça veut dire aussi que vous avez vos codes d’accès. Si vous changez un jour de prestataire, vous partez avec votre adresse web et vos contenus.

Le référencement est un autre poste. Le site est livré une seule fois, alors que le travail pour remonter dans Google se fait mois après mois. Les deux se paient à part et doivent figurer sur deux lignes séparées du devis. Si tout est mélangé dans un même montant, vous ne saurez jamais ce que vous avez payé.

La fiche Google, le site et l’enseigne doivent dire la même chose

Votre client passe par trois portes avant celle de la boutique. Il voit votre fiche Google dans les résultats de la carte, il ouvre votre site, puis il cherche votre enseigne dans la rue. Si le nom change d’une étape à l’autre, il hésite. Une enseigne « Chez Lulu », une fiche « LMJ Distribution » et un site au nom d’une SARL qu’il ne connaît pas : il croit s’être trompé d’adresse.

Smartphone affichant une carte devant l'enseigne d'une boutique

Prenez dix minutes et vérifiez. Le nom doit être le même partout, avec la même orthographe. Les horaires doivent être identiques sur la fiche, le site et la porte. Le numéro de téléphone aussi. Et la photo de la devanture sur le site doit montrer ce que le passant verra en arrivant, pas la façade d’avant les travaux. C’est elle qui lui dit qu’il est au bon endroit.

Pour moi, le site doit reprendre les couleurs et le logo de l’enseigne. Je ne le dis pas par souci de style. C’est le dernier repère du client avant qu’il lève les yeux vers votre façade. S’il a vu le même vert sur son écran, il trouve votre devanture deux fois plus vite.

Le saviez-vous ?

Tout site professionnel doit afficher des mentions légales, même sans vente en ligne. On y trouve la dénomination de l’entreprise, sa forme juridique et son adresse, le numéro RCS (ou celui du répertoire des métiers pour un artisan), un e-mail et un téléphone, le numéro de TVA et les coordonnées de l’hébergeur du site.

Si elles manquent, l’amende peut atteindre 375 000 € pour une société. Source : Service-Public Entreprendre, fiche sur les mentions obligatoires d’un site internet, mise à jour le 31/07/2023.

Agence locale ou plateforme en ligne, qui répond quand le site tombe

Les plateformes où l’on monte son site soi-même coûtent quelques euros par mois. Elles font le travail si vous avez le temps d’écrire vos textes, de retoucher vos photos et de tout régler vous-même. Le jour où le formulaire de contact ne marche plus, vous remplissez un ticket et vous attendez. Avec le décalage horaire, la réponse peut arriver le lendemain, après une journée sans demande de devis.

Une agence installée sur l’île vend autre chose : quelqu’un qui décroche. Réunion Webdesign insiste sur ce point avec « une agence web à taille humaine, un seul interlocuteur ». Elle annonce plus de 300 projets livrés en 20 ans et une note de 5/5 sur 36 avis Google. Ces avis, lisez-les vous-même. Regardez surtout comment l’agence répond aux questions sur le service après la mise en ligne, c’est là que se voit la différence.

Mon avis : si vous n’avez pas deux heures par semaine à donner à votre site, la plateforme vous coûtera plus cher en temps qu’en euros. Si vous les avez et que vous aimez faire les choses vous-même, lancez-vous et gardez l’argent pour l’enseigne.

Ce qu’il faut demander avant de signer

Une page de questions vaut mieux qu’un rendez-vous de trois heures. Demandez d’abord la liste des pages livrées et qui rédige les textes. Ensuite, demandez le tarif écrit de la deuxième année pour le domaine, l’hébergement et la maintenance. Troisième question : à quel nom le domaine est-il enregistré, et quand recevrez-vous vos codes d’accès ? Puis vérifiez que les mentions légales et, si vous vendez en ligne, les conditions générales de vente sont prévues au devis.

Dernière question, celle que personne ne pose : qui vous répond, sous quel délai et par quel canal quand le site est en panne ? Un devis qui ne parle ni de la pose ni des autorisations n’est pas un devis d’enseigne. C’est pareil pour un site : sans la suite, ce n’est pas un vrai devis. Et une fois le site en ligne, traversez la rue avec votre téléphone. Cherchez votre métier et votre quartier dans Google. Si vous ne vous trouvez pas, le passant ne vous trouvera pas non plus.

Questions fréquentes

Combien coûte un site vitrine pour un commerce à La Réunion ?

Réunion Webdesign affiche un prix à partir de 967 € TTC (page consultée le 02/10/2026). Ce prix comprend la conception, et le domaine, l’hébergement et la maintenance sont offerts la première année. Demandez par écrit le tarif de la deuxième année.

Faut-il un site e-commerce pour un commerce de quartier ?

Non, si vos clients paient au comptoir. Une boutique en ligne a du sens quand vous expédiez des produits ou préparez des commandes à retirer. Elle vous oblige aussi à publier des conditions générales de vente.

Quelles mentions légales sont obligatoires sur le site d’un commerçant ?

Il faut la dénomination et l’adresse de l’entreprise, le numéro RCS ou RM, un e-mail et un téléphone, le numéro de TVA et les coordonnées de l’hébergeur. C’est la liste de Service-Public Entreprendre (fiche mise à jour le 31/07/2023).

Une fiche Google suffit-elle sans site internet ?

Elle donne l’adresse et les horaires, mais elle ne répond pas aux questions du client sur vos prestations ou vos prix. Le site complète la fiche, et les deux doivent afficher le même nom, les mêmes horaires et le même numéro.

Sources

Réunion Webdesign, page d’accueil « Création de site internet à La Réunion », consultée le 02/10/2026 (tarifs, inclusions, repères de l’agence).

Baromètre France Num 2025, Direction générale des Entreprises, enquête du Crédoc et du Centre Relations Clients auprès de 11 021 entreprises.

Service-Public Entreprendre, « Quelles sont les mentions obligatoires sur un site internet ? », fiche mise à jour le 31/07/2023.

Art Piramida est un média d'information : il ne fabrique ni n'installe d'enseignes et ne dépose aucune demande en mairie. Les règles locales priment : vérifiez-les auprès de votre commune.

Julien Dufour

Julien Dufour

Julien Dufour s’intéresse à l’équipement et à la visibilité des commerces et des PME : enseignes, signalétique, aménagement et solutions de stockage. Il compare les offres, relève les prix publiés et signale ce qui reste à vérifier avant de signer.